Clément SIBONY
Vincent LECOEUR
1999 -
Promenons-nous dans les bois
de Lionel Delplanque
Notes sur le film

 

 

 

 
L'intention du réalisateur :

 

LE FANTASTIQUE POUR CARTE DE VISITE

Court ou long métrage, Lionel Delplanque affirme son goût pour la peur : Il est rare de voir un premier long métrage susciter autant de curiosité et d'attente que celui de Lionel Delplanque. Il faut dire que ce dernier n'est pas vraiment un inconnu. Il réalise son premier court en 1994 et commence à rafler des prix dès l'année suivante avec «Les Lustrales ». «Silver Shadow », grand prix du scénario au Festival de Clermont-Ferrand (97), accroît encore sa réputation avant le gros succès d' «Opus 66». Avec ces 5 minutes de pure angoisse, il amasse une trentaine de sélections dans les festivals nationaux et internationaux et remporte en 1999 le Prix du court métrage fantastique au Festival de Gérardmer. Lionel Delplanque, qui se dit plus inspiré par l'univers de Tim Burton que celui de Wes Craven, s'attaque alors à son premier long métrage, «Promenons-nous dans les bois ». En choisissant l'angoisse, il se frotte à un genre peu exploité par les cinéastes français.

 

L'ANGOISSE PLUTOT QUE L'HORREUR

Lionel Delplanque se défend d'avoir réalisé un «Scream à la française» : Parce qu'il sort après la trilogie «Scream » et la série «Souviens-toi l'été dernier », «Promenons-nous dans les bois » pourrait être assimilé à cette nouvelle génération du film d'horreur. Ce serait ignorer l'intention du réalisateur, qui exploite bien certains codes du film d'horreur, mais sans jamais les détourner : «c'est aussi un film d'angoisse parce que le propre d'un film d'horreur maintenant, c'est qu'il joue beaucoup sur le second degré ; c'est un cinéma très auto-référentiel, qui s'amuse beaucoup des codes du genre. J'ai voulu faire un film beaucoup plus premier degré » (Lionel Delplanque).

 

 

L'élaboration du film :

Lionel Delplanque fait appel aux effets spéciaux pour renforcer l'angoisse: Si le film est effectivement tourné dans un château relativement inquiétant (y compris pour l'équipe de «Promenons-nous dans les bois »), de nombreux extérieurs sont truqués pour accroître l'atmosphère de malaise générée par le film. Les scènes de nuit sont ainsi «refaites », qu'il s'agisse de toucher à la couleur ou d'ajouter quelques accessoires au décor naturel : «on a filmé le château à différentes heures du jour et de la nuit, et on a superposé en amenant des éléments extérieurs, comme la fumée ou la brume »

(Lionel Delplanque).

 

 

 

 
Les acteurs :

 

JEUNESSE PROMETTEUSE

Lionel Delplanque joue sur la fraîcheur de son casting: «Avenir, intelligence, beauté, ils ont tout pour eux»… voici comment Lionel Delplanque décrit ses cinq jeunes acteurs, à l'image des personnages qu'ils interprètent dans son film. Sans être des débutants, ces représentants de la jeune génération du cinéma français ne sont pas tous très bien connus du public : Clotilde Courau est la plus en vue, avec pas moins de quatre films tournés en 99, le Prix Romy Schneider 2000 pour «En face » de Mathias Ledoux, une expérience théâtrale aux côtés de John Malkovich et une prochaine montée sur scène pour «Irma la Douce », mise en scène par Jérôme Savary. Clément Sibony et Vincent Lecoeur se sont tous deux fait remarquer en 99, avec respectivement «Salsa » et «Cours toujours », tandis que Maud Buquet et Alexia Stresi trouvent avec «Promenons-nous dans les bois » leurs premiers grands rôles.

 

LES «GUEULES » DU CINEMA FRANÇAIS

Lionel Delplanque soigne ses seconds rôles: En choisissant François Berléand pour interpréter l'inquiétant Axel de Fersen, Lionel Delplanque ne s'adresse pas seulement à l'un des acteurs français les plus prolifiques de la décennie, mais aussi à un spécialiste des seconds rôles, récompensé par un César après six films aux côtés de Pierre Jolivet. Il s'offre, avec «Promenons-nous dans les bois », un vrai rôle de méchant : «J'aime l'idée que ce soit un film de genre, un truc gore. En fait, j'y tenais absolument. J'avais fait «Romance », alors je me suis dit, tiens, après un porno intello, un film gore…Je vais devenir acteur de genre ! Je vais mettre ça dans l'annuaire des comédiens comme légende ! » (François Berléand, interview de Bérénice Balta, Ciné-Live, juin 2000). A ses côtés, deux vraies « gueules » : Denis Lavant, spécialiste des univers décalés (en particulier chez Carax) et le comique Michel Muller, déjà vu dans «Taxi 2 » (1999) ou «Astérix et Obélix contre César»(1998).

Source

Lionel Deplanque - FILMOGRAPHIE

 

Long métrage

1999

Promenons-nous dans les bois

Sélectionné aux Ateliers Equinoxe

(mars 99)

 

Courts métrages

1998

Opus 66 (5')

Grand Prix du court métrage fantastique (Festival de Gérardmer 99)

Prix de la meilleure réalisation (Festival de Lille 99)

Prix du public (Festival de Sao Paolo 98)

 

1997

Silver Shadow (17')

Grand Prix du scénario (Festival de Clermont-Ferrand 97)

 

1995

Les Lustrales (37')

Grand Prix du jury (Festival Raimu 95)

Scénario lauréat du Concours National d'aide à la création de films de court métrage

 

1994

Le ticket (6')


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